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Après ses conseils prodigués pour se préparer à des efforts sportifs, le Médecin Principal Christophe GRAMOND, du Centre Médical Principal de la Région de Gendarmerie de Basse-Normandie, médecin du sport diplômé de la faculté de Bordeaux, nous détaille les différents risques auxquels le sportif s'expose ainsi que la prévention qui va de pair.

 

Certains d’entre vous ont participé aux différentes épreuves des courants de la liberté et ont pu observer des coureurs en difficulté. Nous allons essayer de présenter de façon synthétique les principaux risques qui peuvent vous concerner, les premiers signes à reconnaître et surtout les moyens de s’en prémunir.

En préambule, rappelons que ces notions s’appliqueront d’autant plus que l’exercice sera prolongé, dans des conditions climatiques difficiles (typiquement chaud et humide) et que vous serez en mauvaise forme physique (manque d’entrainement, manque de sommeil, soirée arrosée la veille, angine...).

Le lecteur se reportera utilement à notre précédent article qui détaille certaines notions de préparation à la compétition abordées ici.

 

1/ La pathologie cardiaque 

Pour rester simple, deux cas de figurent s’opposent : les anomalies congénitales et les anomalies acquises.

Les anomalies congénitales, de naissance par définition, sont responsables du décès de certains footballeurs sur le terrain. Elles sont difficiles à mettre en évidence, n’ont pas ou peu de signes avant-coureurs et entrainent une inefficacité cardio-respiratoire brutale : le sportif s’écroule, inconscient sans pouls. Une seule chose à faire : alerter les secours (15) et débuter un massage cardiaque avec bouche à bouche en attendant les secours spécialisés.

A l’opposé, l’infarctus est au premier rang des anomalies acquises. Les grands facteurs de risque sont le tabac, l’obésité, l’hypertension artérielle, le diabète, l’hérédité...et le fait d’être un homme ! Les signes précurseurs sont des palpitations, un essoufflement ou une douleur dans la poitrine, classiquement irradiant vers la mâchoire et le bras gauche qui imposent l’arrêt de l’activité sportive et l’appel immédiat des secours (15).

Continuer l’effort vous exposerait au risque de décès.

Pour en atténuer le risque, profitez de votre visite médicale annuelle pour aborder ces problèmes avec le médecin militaire qui vous reçoit. Surtout, évitez le tabac et contrôlez au mieux les facteurs de risque évoqués ci-dessus. L’électrocardiogramme, réalisé de manière systématique tous les deux ans à partir de 40 ans est un élément important dans ce contexte. L’épreuve d’effort chez un cardiologue peut aussi se discuter.

2/ La déshydratation et l’hyponatrémie (perte de sodium) 

Elle apparaît classiquement au-delà de deux heures de course, parfois plus tôt en ambiance chaude. La déshydratation aggrave tous les autres phénomènes et correspond à une chute du débit sanguin : les organes sont moins bien irrigués et souffrent. Un sportif déshydraté n’a plus de sueur, ses urines sont rares, sombres et odorantes voire absentes, sa langue est sèche (classiquement rôtie).

Pour l’éviter, il est important de s’hydrater régulièrement comme nous l’évoquions dans notre précédent article. Au-delà de deux heures de course, vous devez également vous recharger en sel. L’idéal étant de trouver la boisson qui vous convient avant la course et de l’essayer lors de vos sorties longues.

Si cela devait vous arriver, buvez par petites gorgées de l’eau fraiche, de préférence sucrée (l’hypoglycémie est souvent associée) et salée si l’effort a été prolongé.

 

3/ Le coup de chaleur d’exercice 

Il s’agit d’une véritable intoxication par la chaleur, parfois mortelle mais heureusement rare. Il s’agit souvent d’un jeune sportif qui a voulu «se surpasser». Rappelons que c’est la sueur qui nous permet d’éliminer la chaleur produite par l’organisme lors d’un effort musculaire. Il survient classiquement en ambiance chaude, en l’absence de vent, d’autant que l’hygrométrie est élevée et que les vêtements empêchent d’éliminer la sueur. La déshydratation, le manque d’entrainement, l’alcool et les substances dopantes le favorisent.

 

Dans un premier temps, le coup de chaleur pourra se manifester par un trouble du comportement (grande fatigue, perte d’équilibre, agressivité), une soif intense, des nausées et/ou vomissements ou encore des crampes musculaires. S’il ne s’arrête pas, le sportif va s’écrouler et perdre connaissance ; il pourra convulser, sa peau est classiquement rouge, brûlante et sèche, son pouls sera très rapide mais faiblement perçu.

Pour l’éviter, le maintien d’une bonne hydratation, une bonne adaptation au climat, le port de vêtements clairs et légers, un bon entrainement et surtout un connaissance de ses limites permettront d'éviter sa survenue.

Si cela devait arriver à un camarade, il faut l’obliger à s’arrêter s’il court encore. Le cas échéant, il faut l’allonger en position latérale de sécurité et le refroidir en l’aspergeant d’eau froide, si possible en créant un courant d’air.

 

4/ L’hypoglycémie

Il s’agit d’une diminution du taux de sucre dans le sang. Le sucre, stocké sous forme de glycogène dans le foie et le muscle, est le carburant de l’effort musculaire. Il diminue donc logiquement au fur et à mesure que vous poursuivez l’effort.

L’hypoglycémie peut se manifester par une grande fatigue, des sueurs, des troubles neurologiques (désorientation, propos incohérents, trouble de l’équilibre, perte de connaissance, convulsions), des troubles sensoriels (phosphènes ou point brillants devant les yeux, champ de vision rétréci, vertiges) ou des troubles digestifs qui limitent l’absorption du sucre (nausées, vomissements).

Pour l’éviter, rechargez votre organisme avant l’effort comme nous l’avons évoqué dans notre précédent article. Pendant l’exercice, surtout au-delà d’une à deux heures, rechargez-vous régulièrement aux stands. Après l’exercice, reconstituez vos stocks par des sucres lents (pâtes, riz...) .

Si cela devait vous arriver, arrêtez immédiatement l’effort et re-sucrez-vous avec des sucres rapides.

 

5/ Les troubles digestifs 

Il s’agit des problèmes les plus souvent rencontrés par les sportifs, généralement bénins. Pendant l’effort, le débit sanguin est diminué au niveau digestif au profit principalement des muscles et du cerveau. Vous pouvez voir apparaître un ballonnement, des douleurs, des vomissements ou une diarrhée parfois sanglante.

Pour l’éviter, respecter un délai de digestion suffisamment long avant de prendre le départ et choisissez votre alimentation avec pertinence comme nous l’avons évoqué dans notre précédent article.

Si cela devait vous arriver, ralentissez l’allure ou arrêtez-vous, il n’y a pas de secret...

 

6/ La pathologie musculo-tendineuse

Les lésions musculaires vont de la simple contracture à la rupture en passant par l’élongation et le claquage. Si le sportif n’y prête pas attention, une simple douleur de contracture peut évoluer jusqu’à une lésion plus grave, au maximum vers la rupture. Et les délais de consolidations ne sont pas les mêmes : de 15 jours pour une contracture ou une élongation à 45 jours pour un claquage. Il faut donc «écouter» votre corps et savoir ralentir voire ne pas poursuivre si des douleurs musculaires persistent.

Les lésions tendineuses ne sont pas rares non plus, essentiellement au niveau des genoux et des tendons d'Achille. Il faut savoir ne pas prendre le départ si de telles douleurs sont présentes. Une consultation pourra vous orienter mais dans tous les cas, le repos sportif est indispensable. Il sera d’autant plus prolongé que la pathologie tendineuse est ancienne.

Pour éviter ces lésions, il est essentiel de maintenir une bonne hydratation et des chaussures en bon état. Pensez aussi à vous étirer en fin d’exercice...

 

Merci beaucoup Docteur.

 

 

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